La reconquête rurale

Au commencement étaient les drailles

Contrairement à l'idée reçue d'un pays fermé constituant une barrière infranchissable, de tout temps les Cévennes ont été traversées par les hommes. Marquées par le passage répété des animaux, suivant les crêtes, ce sont elles qu'empruntent, montant et descendant, les troupeaux transhumants. D'aucuns les font remonter au néolithique comme en témoignent les mégalithes qui les jalonnent souvent.

Pistes muletière et routes

Dès l'époque celte, certains itinéraires privilégiés constituèrent les supports de relations commerciales basées sur la complémentarité des produits entre bas pays et hautes terres. Pendant des siècles ces pistes assurant le passage d'un transport muletier ont été jalonnées de relais d'affenage, lieux d'étapes pour les bêtes bâtées et leurs conducteurs. À la fin du XVIIe siècle, en pleins troubles religieux l'État fit ouvrir de nombreuses routes pour y faire circuler ses troupes, enfin au XIXe, ce sont les routes de fond de vallée qui furent construites. 

Stevenson et le Tourisme 

L'auteur de L'île au trésor préconisait la randonnée solitaire comme thérapie contre la dépression. Une relation amoureuse douloureuse l'engagea à réaliser son Voyage dans les Cévennes avec un âne. Il choisit les Cévennes, théâtre de la guerre des Camisards qui avait suscité un vif intérêt chez ce protestant écossais. Sans doute fut-il un des premiers « touristes » en Cévennes en même temps que promoteur d'une certaine forme de découverte parfaitement adaptée tant à l'aspect physique qu'à l'esprit de ce pays. À la fin du XIXe siècle des associations comme le Club Cévenol et l'illustre Martel appelèrent à visiter les beautés naturelles des Cévennes, à en approcher l'âme. Ainsi les Cévennes s'ouvraient-elles au tourisme, aujourd'hui la première des activités économiques de ce territoire.