De faible altitude mais à très fortes pentes le pays cévenol n'est qu'une succession de crêtes et d'étroites vallées fortement encaissées.
Pour y survivre, l'homme a dû totalement aménager ce territoire. Ainsi parle-t-on d'espace construit, de paysages humanisés ou culturels que les géographes, historiens ou simples voyageurs ont considéré comme la caractéristique première des Cévennes traditionnelles et qui se décline dans deux domaines : les terrasses et les aménagements hydrauliques.
À la pente naturelle on a substitué des empilements continus de terrasses, bancels ou faissas, depuis le fond de la vallée jusqu'au sommet du serre. Ce gigantesque ouvrage a souvent nécessité le transport des pierres et surtout de la terre, à dos d'homme, au moyen de grands paniers appelés terrairaus, aussi utilisés pour apporter le fumier et rentrer les récoltes.
Le climat méditerranéen des Cévennes se caractérise par des périodes de sècheresse estivale auxquelles succèdent des précipitations diluviennes provoquant un ravinement fort dévastateur et des débordements aussi subits que violents. L'homme a dû, par des aménagements hydrauliques structurant l'ensemble du territoire dans un maillage très serré, à la fois se protéger de cette eau destructrice et la capter, la stocker et la conduire pour assurer ses besoins.
