Anciennement réputées pour leur activité lainière, les Cévennes ont connu leur âge d'or grâce à la soie. C'est dans la région d'Anduze que la sériciculture française trouve son origine au XIIIe siècle. Mais ce n'est qu'au XVIIIe qu'elle se développe intensément en pays cévenol.
Le Bombyx Mori est un insecte totalement domestiqué, exclusivement nourri avec des feuilles de mûrier. C'est au 3e millénaire avant notre ère que les chinois mirent au point les techniques de fabrication de la soie.
À partir de 1740 la culture du mûrier constitue la rente foncière la plus productive. On en plante partout. On construit de nouvelles terrasses. Parallèlement on agrandit les mas pour y créer des magnaneries toujours plus grandes. Les paysages et l'habitat se transforment. La sériciculture connaît son apogée vers 1850. L'économie vivrière axée sur le châtaignier s'est transformée en économie de marché autour de la soie qui a engendré une certaine aisance.
N'appelle-t-on pas le mûrier « l'arbre d'or » ?
La transformation des cocons en fil de soie a longtemps été une activité rurale, chaque producteur dévidant sa soie qu'il vendait à l'occasion des grandes foires (Alès, Beaucaire.). C'est au tout début du XIXe siècle que le tirage du fil s'est industrialisé dans de grands ateliers aménagés dans les villages de fond de vallée, en bordure des cours d'eau. Ces nombreuses filatures à l'architecture caractéristique, comme les magnaneries bien reconnaissables, témoignent encore de cet âge d'or cévenol.
De grandes épizooties ont entraîné une crise séricicole sans précédent dans les années 1850. En 10 ans la production a chuté des 9/10e. Pasteur s'est déplacé à Alès de 18 pour y diriger des recherches afin de combattre les maladies. Il y parvint et sauva momentanément la sériciculture de la ruine totale.
Malgré tout, la concurrence étrangère et celle des soies artificielles comme synthétiques, vinrent à bout de la soie naturelle française. La dernière filature française, Maison Rouge, sise à St-Jean-du-Gard, ferma ses portes en 1965.
