Voie Régordane - Portes
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Grande Randonnée - 7 jours sur la voie Régordane

En proposant à nos amis d’aller des Mages au Puy en Velay en prenant à Portes le chemin de Régordane nous étions sûrs de nous au point de vue de l’intérêt culturel et paysager de cette randonnée. Une petite préparation s’imposait toutefois pour la réservation de nos hébergements le long de notre parcours. Fin juillet nous prenons la route. Huit amis, une belle équipe intergénérationnelle le plus jeune à 28 ans le plus âgé 63.

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JOUR 1 - Nous rejoignons la Régordane à Portes, but de notre première étape. Le château moitié médiéval moitié XVI-XVIIe est très intéressant. Trois d’entre nous profitent d’une visite guidée pour le découvrir. La Régordane est très présente dans les commentaires de notre jeune guide. Nous passons la nuit au gîte Les Rigourdiers non-loin de là.


JOUR 2 - La seconde étape commence sur la draille de Provence au Mont Lozère, chemin de crête empruntant une partie du GR44B. Beaux paysages où les pins maritimes témoignent de l’ancienne industrie houillère. Puis par une petite route goudronnée nous apercevons le curieux château de Crouzas. La traversée de Chamborigaud se fait par la rue basse aux maisons remarquables. Après avoir admiré les jeux de lumière des vitraux de l’église néo-romane nous avons la chance de rencontrer Jean-Marc Scotti, créateur de ces vitraux. Une petite pause rafraîchissante dans le Luech limpide est la bienvenue, il fait terriblement chaud. Par une brèche dans le rideau de bambous nous apercevons le Château de Montjoie. Passé une ancienne filature de soie, on franchit l’antique Pont du rastel et le village qui en a pris le nom, patrie de Jean-Pierre Chabrol. Vers Belle –Poile les vestiges du vieux chemin apparaissent dans une montée en sous-bois, nous passons ensuite le pont dit romain pour arriver à Génolhac par le mas Chaptal, l’avenue de Régordane et la Grand-Rue médiévale. Le gîte municipal est près de l’Arceau, dans le centre ancien.

Jour 3 - Après un dernier coup d’œil au clocher à peigne de l’église de Génolhac, nous montons sur un chemin goudronné mais tranquille entre les blocs de granit du Mont Lozère et à l’ombre des châtaigniers. Notre parcours est riche de halte à la découverte du patrimoine local Col de l’Ancize, carrefour aux six chemins, église romane de Concoules et de Vielvic aux clochers remarquables. Nous franchissons un vieux pont qui semble intéressant mais disparaît sous la végétation. A l’approche de Saint André Capcèze la treille près de la source aménagée nous offre une halte rafraîchissante. Une jeune habitante nous vante la richesse – évidente – du village. La montée jusqu’au Col est rude mais la vue s’étend au-delà de Villefort vers notre étape du lendemain. Le gîte municipal du Sédariès, à Villefort nous accueillera pour la nuit.

JOUR 4 - Après la traversée de Villefort et le passage sur le barrage, le chemin nous en met plein la vue dans la montée vers la Garde Guérin. De bout en bout on peut en observer la construction soignée (murs de soutènement, caladage, protection contre le ravinement …) et admirer le paysage sur le lac. En haut nous visitons la magnifique cité médiévale perchée au-dessus de la vallée de la Cèze. Chaleur, goudron, voitures la descente est pénible mais mène au lac du Rachas qui nous console. Heureusement car ce sera encore très dur sous le soleil de l’après-midi et ce malgré les découvertes : chemin taillé dans le roc, ornières, paysages, oasis de la Molette, dolmen du Palet de Gargantua, village Du Thort et montjoies de granit qui balisent le parcours. A la Bastide, près de la gare de chemin de fer autrefois importante, le gîte de l’Etoile, de qualité supérieure et d’accueil sympathique arrive à point nommé.

JOUR 5 - En ce cinquième jour nous choisissons l’itinéraire par Lespéron déconseillé qu’en période de grandes eaux. Elles n’ont jamais été aussi basses et les trois rivières se passeront facilement à gué. Notre chemin longe, d’un côté ou de l’autre la limite Lozère-Ardèche. Nous visitons l’église de Luc mais la blanche statue de la Vierge nous dissuade de monter au château. Nous aurons quelques difficultés à trouver notre chemin du côté des ruines de La Vaysseire après le passage à gué de L’Espezonnette. Le charme du chemin empierré dans le sous-bois nous réconfortera. On aperçoit Pradelles de loin et, bonne surprise, on découvre que l’ancienne route que notre vieux guide signale fermée par des genêts est redevenue praticable et agréable à suivre. La superbe cité de Pradelles mériterait un séjour plus long. Malgré la fatigue de l’étape de 25km et les rues en forte pente, nous en visitons une partie. Le repas au relais Saint-Gilles est un nouveau plaisir.

JOUR 6 - Entre épilobes et genêts nous cheminons à travers les pâturages à 1100 ou 1200m d’altitude, jouant à cache-cache avec la bruyante et dangereuse N88. Les troupeaux de vaches sont groupés autour de citernes. Les points de repères sont rares un montjoie bâti, la ferme du Rayol-Brulé, le pont des Uffernets, une croix portant une vierge à l’enfant, des lavoirs enclos, des murs de pierre volcanique puis le village de La Sauvetat. Sublime panorama sur les volcans éteints, le Mézenc, le Gerbier-des-Joncs. Il faut un peu de volonté en arrivant à Costaros pour monter par la carrière de Pouzzolane jusqu’à la Croix de Montbasset au lien de suivre simplement l’ancienne voie ferrée. Costaros, pays des lentilles et du marché aux veaux nous accueille avec une averse trop brève.

JOUR 7 - Chadernac, Tourtinhac, Aunac, Bizac, Chassilhac, Montagnac les noms occitans des villages leurs viennent des domaines gallo-romains. En suivant l’Estrade (la route), la draille (chemin de troupeaux) on finit par découvrir au loin les pitons, les dykes couronnés par le château de Polignac, la vierge du Puy et Saint Michel d’Aiguilhe. C’est dans la foule des touristes que nous arrivons par la rue Saint Gilles sur la Place du Plot, la place des pèlerins. Si peu pèlerins que nous soyons nous ne manquerons pas de visiter la très riche cathédrale et de passer la nuit au gîte Saint François où dormaient ceux qui se préparaient pour la longue marche vers Saint Jacques, une tradition qui connaît un nouvel élan.

JOUR 8 - Par le car jusqu’à Langogne puis le train ensuite, en un peu plus de trois heures arrêts inclus, le parcours en sens inverse le lendemain nous donne un résumé et de nouveaux points de vue sur cette voie Régordane qui, de l’avis unanime des huit randonneurs a fait mieux que tenir ses promesses.

D’après le récit de Alain André.



Crédits photo : Cévennes Tourisme, Philippe Nicolas, Havang, Budotran, Wikijoe, D Villafruela, Daniel Culsan, Olivier Prohin PNC, Szeder Laszlo, Albag, Daniel Giffar, Graindesel