Géographie et paysages

De faible altitude mais à très fortes pentes, le pays cévenol n'est qu'une succession de crêtes et d'étroites vallées fortement encaissées. Pour y survivre, l'homme a dû totalement aménager ce territoire. Ainsi parle-t-on d'espace construit, de paysages humanisés ou culturels que les géographes, historiens ou simples voyageurs ont considéré comme la caractéristique première des Cévennes traditionnelles et qui se décline dans deux domaines : les terrasses et habitats et les aménagements hydrauliques.

Un gigantesque amphithéâtre de terrasses

À la pente naturelle on a substitué des empilements continus de terrasses, bancels ou faïsses, depuis le fond de la vallée jusqu'au sommet du serre. Ce gigantesque ouvrage a souvent nécessité le transport de pierres et surtout de terre, à dos d'homme, au moyen de grands paniers appelés terrairaus, aussi utilisés pour apporter le fumier et rentrer les récoltes. 

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La tradition de la pierre sèche est étroitement liée aux terrasses de culture. Ces ''bancels'' ou ''faïsses'' (terrasses) témoignent du passé rural et représentent une valeur culturelle identitaire chère dans le cœur des cévenols

Le travail de la pierre sèche était nécessaire pour cultiver et irriguer chaque partie de terre. Aujourd'hui, le Parc national des Cévennes s'attache à préserver ce patrimoine culturel ancestral.

Les différents habitats

Dans les Cévennes, il y a une véritable unité entre les paysages et les constructions architecturales : le territoire regorge de minéraux tels que le granite ou le schiste qui ont servi directement à construire les bâtiments. Pays des anciennes filatures et des magnaneries, l’architecture en Cévennes est directement liée à ses ressources naturelles, qui ont permis d’acquérir de belles bâtisses.


Les habitats en schiste

Les maisons typiques des vallées cévenoles sont caractérisées par la pierre de schiste. Elles sont alors hautes et étroites et s’intègrent à leur environnement à l’aide de matériaux extraits sur place. Ces constructions s’adaptent aux contraintes des terrains en terrasses et empiètent le moins possible sur les terrains plats, servant alors aux cultures : ils sont souvent construits sur des pentes abruptes.

 

Les habitats en granite

Les maisons en granite dominent du côté du Mont Lozère. On les reconnaît grâce à leurs façades massives faites de lourds blocs de granite. Au contraire des autres constructions, celles-ci ont des aspects trapues et les ouvertures sont rares ou de tailles réduites. 
De part la rudesse du climat, ces habitations servaient à diverses fonctions : étable, grange, four... Les pièces sont communicantes les unes aux autres afin que l’habitant n'ait pas à sortir en période hivernale. 

Le paradoxe de l'eau tantôt rare, tantôt surabondante

Le climat des Cévennes se caractérise par de fortes précipitations en automne et une sécheresse estivale parfois importante. Les Cévennes sont le théâtre des épisodes cévenols ou effets cévenols. Il s'agit de forts cumuls de précipitations accompagnés d'orages très localisés parfois stationnaires. Ces épisodes peuvent durer de quelques heures à quelques jours. Ils sont principalement dus à la rencontre entre l'air froid venant de l'océan Atlantique touchant par l'ouest les sommets des Cévennes et l'air chaud et humide du sud remontant de la mer Méditerranée.
Le climat cévenol devient aussi progressivement montagnard en fonction de l'altitude. En hiver, les chutes de neige peuvent y être très importantes, plus d'un mètre en 24 heures.