Les Cévennes minières

Les débuts de l’exploitation 

L'exploitation minière du département remonterait au XIIIe siècle. La houille sert alors aux forgerons et à l’exploitation des fours à chaux. Les mines du bassin d'Alès sont exploitées à partir du XIVe siècle. Dès la fin du XVe les propriétaires cévenols afferment leurs mines et la production de charbon augmente considérablement. La multiplication des guerres accroît les besoins, la houille servant à chauffer le fer pour la fabrication des armes. Les méthodes d’exploitation restent cependant relativement élémentaires. Les exploitants peuvent ainsi creuser des galeries (ou fendues) à flancs de coteaux afin de parvenir au gisement visé ou bien des baumes, sortes de petits puits de faible profondeur. Parfois lorsque la couche affleure il suffit simplement de « gratter » le charbon au sol. 

Révolution industrielle 

Energie majeure de l’ère industrielle les besoins en charbon vont s’accroître. Dans le même temps les évolutions technologiques et sociales amenées par cette même révolution transforment radicalement les méthodes d’exploitation. Au XIXe siècle l’exploitation charbonnière artisanale n’est plus et laisse place à la mine industrielle. Le mineur, devenu spécialiste, est de plus en plus secondé par des machineries et des outils extrêmement efficaces. 

La nationalisation 

Au début des années 20 les houillères cévenoles peinent à rattraper les retards de productivité accumulés. Sous-mécanisées leur rendement demeure trop faible par rapport aux mines de charbon française. La situation s’empire durant la grande crise de l’entre-deux-guerres.  Pourtant au sortir de la deuxième Guerre Mondiale l'économie française, marquée par plusieurs années de conflits et d’occupations, doit être relancée. La plupart des industries mais aussi l’agriculture dépendent de la production charbonnière et de la même façon, la SNCF accuse un fort besoin en charbon. Face à l'importance du besoin les houillères françaises sont nationalisées en 1946. La nationalisation des anciennes compagnies privées cévenoles débouche sur la constitution des HBC, Houillères du Bassin des Cévennes. C’est à ce moment que le centre de formation des houillères des Cévennes, plus largement connu sous le nom de Quartier Mine Témoin, ouvre ses portes à Rochebelle (Alès). La constitution des HBC coïncide avec la mise en place systématique d’une exploitation rationalisée des sites miniers cévenols. De nouveaux puits sont foncés tandis que de nombreuses installations techniques, parmi les plus modernes et les plus performantes d’Europe, sont construites ou aménagées pour les besoins productifs. En 1947, les effectifs des HBC atteignent un pic de près de 20 800 personnes. En 1950, trois millions de tonnes de houille sont extraites des mines cévenoles.  

Déclin de l’industrie

 En dépit de cette modernisation impressionnante et des excellents résultats, la situation des houillères cévenoles devient préoccupante en raison de la concurrence du charbon étranger 25% moins cher mais surtout du développement d’autres énergies plus compétitives (hydraulique, nucléaire, gaz et pétrole). La SNCF entame par ailleurs l’électrification de ses lignes ferroviaires. La part du charbon dans le bilan énergétique national tombe alors de 80% en 1949 à 60% en 1954. La même année les premiers puits d’extraction sont bouchés. De son côté le gouvernement met en place un plan de réduction de la production charbonnière et accorde une priorité absolue au développement du nucléaire civil. En France comme en Cévennes, un record de production est pourtant atteint en 1958 avec plus de 60 millions de tonnes de produits charbonniers extraits n’empêchant pas pour autant le nombre de puits en activité de diminuer. Sur 21 puits en service seul 4 demeurent en 1974 et 1500 mineurs de fond sont encore en activité cette même année. 

Les chocs pétroliers de 1973 et en 1979 placent à nouveau le charbon sur l’avant scène des matières énergétiques compétitives. Un renouveau de courte durée. Signe annonciateur d’un déclin programmé le puits Saint-Florent, un des plus modernes d’Europe est dynamité le 25 mai 1975. Cinq ans plus tard le puits Destival (Saint Martin de Valgalgues) est occupé durant quatorze mois par les mineurs grévistes. Il fermera en 1984 et celui des Oules n°2 en 1986. L’exploitation minière cévenole se poursuivra quant à elle jusqu’ en janvier 2001 dans les mines à ciel ouvert du Pontil et de Mercoirol.