Patrimoine mondial de l'UNESCO

Les Causses et les Cévennes 

Le périmètre retenu pour l'inscription au patrimoine mondial ne couvre pas tous les Causses, ni toutes les Cévennes, mais il s'étend sur 3 000 km² répartis entre Gard, Lozère, Hérault et Aveyron. 

Le territoire inscrit 

134 communes en « zone cœur » correspondant au périmètre classé.
97 communes en « zone tampon » soit un périmètre de protection
5 villes porte : Alès, Ganges, Lodève, Mende et Millau


Présentation du bien

Le territoire inscrit s'étend du sud du Massif central aux portes de la Méditerranée. Paysage de montagne traversé par de nombreuses vallées, il est représentatif de la relation existant entre les systèmes agropastoraux et leur environnement physique. Cela se traduit par la présence de milieux ouverts jalonnés de drailles, de lavognes, utilisées par les troupeaux transhumants, et d’une importante diversité floristique.
Les villages et les fermes en pierres situées sur les terrasses des Cévennes et les plateaux des Causses reflètent l’organisation des ordres religieux à partir du XIe siècle. Un territoire témoin d’une économie agropastorale vivante, qui lui vaut aujourd’hui son inscription au Patrimoine Mondial de l’Humanité.
Les Causses et les Cévennes furent parcourus, sillonnés et habités dès le Néolithique (5 000 av. JC) par des populations nombreuses et diverses, qui y pratiquaient notamment l’élevage. A l’époque romaine, Cicéron mentionne, les pecuarii (éleveurs) de Narbonnaise qui pratiquaient l’estive, selon les usages des pasteurs languedociens. Un passage de la “Vie de Saint Benoît d’Aniane” (750-821) permet de déduire que les moines ont pratiqué très tôt l’élevage du mouton et la transhumance.
A partir du XIe siècle, les ordres monastiques (Bénédictins, Cisterciens...) et les ordres religieux et militaires (Templiers, Hospitaliers) ont reçu des terres en montagne pour les cultiver et y faire pâturer les troupeaux du bas pays, aux côtés des troupeaux résidents.
Entre le XVIIe et le XVIIIe siècle, l’ agro-pastoralisme se caractérise par de petits tenanciers propriétaires se louant comme brassiers (céréales, élevage de 30 à 50 brebis pour le fumier, la laine, le lait et la viande) ; de grands domaines aux mains des nobles et des bourgeois (céréales, élevage de 200 à 300 brebis essentiellement pour le fumier, la laine et le fromage ; de nombreux paysans, prolétaires sans ressources foncières propres, travaillent quelques lopins de terre sur les communaux et sectionnaux et offrent leur force de travail..)
La transhumance estivale permet de valoriser de manière complémentaire une herbe d’altitude abondante répartie sur de vastes surfaces : les troupeaux sédentaires locaux ne peuvent en effet consommer seuls cette ressource fourragère, leurs effectifs étant calculés selon les ressources fourragères hivernales, bien plus rares. D’autre part la venue d’effectifs importants constitue une opportunité de “fabrication naturelle” de fertilisants organiques très prisés des habitants des hautes terres.
La régression de la forêt, entre 1830 et 1913, s’accompagne d’une augmentation des pâtures au détriment des terres cultivées. Cette évolution est liée à une profonde mutation du système agraire due au développement de l’industrie laitière pour Roquefort.
A partir des années 1950, l’exode rural s’accélère, les jeunes réclament des conditions de vie plus modernes. Une restructuration foncière commence alors sous l’influence de la Politique agricole commune, l’intensification des systèmes d’élevage, basée sur une part croissante des ressources fourragères cultivées ou achetées dans l’alimentation des brebis dans les années 1960, s’accentue et engendre une moindre pression de pâturage sur les parcours et les landes, et accélère le processus de colonisation par les ligneux.
Le maintien par l’ agro-pastoralisme des paysages ouverts et de la biodiversité qui les caractérisent est un enjeu important qui passe par le confortement de pratiques, de savoir-faire et de valorisation des produits typés et de qualité issus de ces activités, ce qui n’exclut pas la recherche de modernisation.
La valeur universelle exceptionnelle du bien des Causses et des Cévennes en tant que paysage culturel de l’agro-pastoralisme méditerranéen repose sur des attributs paysagers, des attributs architecturaux et des attributs immatériels. Les attributs paysagers se caractérisent essentiellement par des paysages ouverts constitués de pelouses et de landes qui ont toujours disputé aux milieux boisés la place dominante dans ces paysages. Mais les espaces boisés et notamment les châtaigneraies sont aussi des espaces agropastoraux où la forêt contribue à la nourriture des troupeaux.
Le patrimoine architectural monumental ou plus modeste lié à l’ agro-pastoralisme fait l’objet d’attentions particulières de la part des acteurs du territoire qui œuvrent à sa protection et sa mise en valeur d'un grand nombre d’éléments de ce patrimoine ont été conservés et participent encore pleinement de l’identité paysagère.
Les bornages templiers et hospitaliers marquent les limites des anciennes propriétés. Des lavognes, des jasses et des caves sont aujourd’hui encore utilisées. Des terrasses sont cultivées et les chemins de parcours entretenus.
Les activités agropastorales de ce territoire sont aussi génératrices de produits de haute qualité reconnus par des labels nationaux et européens, liés à la fois à des savoir-faire, des terroirs particuliers et des races domestiques traditionnelles ovines, caprines et bovines remarquablement adaptées.