Vue St Jean
Actualité

Ma visite à Maison Rouge

Amoureuse des Cévennes depuis mon enfance je passe les vacances de Pâques et d’août à St Jean du Gard. Plusieurs générations de ma famille ont tissé un lien unique avec ce village cévenol, certains se sont installés, d’autres comme moi reviennent chaque année se ressourcer. C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai suivi l’actualité du musée de St Jean... Donc pour ces vacances de Pâques, la visite du nouveau musée des vallées cévenoles dans le site de l’ancienne filature Maison Rouge me paraît incontournable !

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D’après mes lectures, St Jean du Gard comptait pas moins de 23 filatures! Maison Rouge était la première filature industrielle de France … Quand au musée, la collection provient d’un homme qui depuis son enfance a collecté des objets, des pièces témoignant de la vie dans les Cévennes.

Difficile de passer devant le grand portail en fer forgé sans s’approcher pour y jeter un oeil...
Dans la cour arborée, se trouve Maison Rouge, en arrière plan la grande cheminée en brique de 25 m. C’est la filature la plus grande et la plus belle de St Jean avec un escalier à double révolution et de grandes baies caractéristiques des filatures. L’authenticité du lieu a gardé toute son âme, l’ensemble est magnifiquement restauré.

C’est la dernière filature Française a fermé ses portes en 1965. Elle témoigne maintenant du rôle important qu’a joué la soie dans les vallées cévenoles.

On accède au musée côté cour par le bel escalier ou par l'ascenseur! A l’intérieur de Maison Rouge, un module contemporain en bois de châtaignier structure l’accueil et la boutique. Connaissant l’édifice, je me sens un peu désorientée, je regarde autour de moi... et par transparence, au travers des vitrages, j’aperçois l’architecture extérieure. Intérieur et extérieur, passé et présent se marient avec simplicité.


Je retrouve les objets et les pièces exposées autrefois au 95 Grand Rue. Une multitude d’objet, d’outil de travail, de poterie et d’ustensile divers ...sont maintenant restaurés et mis en valeur par le mobilier et l’éclairage. La scénographie structure les salles et métamorphose les collections. Il y a plus d’une vingtaine de salles, pour découvrir la vie quotidienne et rurale cévenole.

Pour les visiteurs occasionnels, les Cévennes semblent une terre sauvage. Pourtant des générations de cévenols ont construit et entretenu de petites parcelles de terre à flanc de montagne. En brisant la roche pour construire des terrasses : les bancels ou faissas. En transportant à dos d’homme la terre si précieuse pour les cultures.

La vie agricole des Cévennes est évoquée à travers une succession de métiers comme le tonnelier, l’apiculture, l’élevage, … mais je m'attarde dans la salle où l’on évoque le châtaignier. Cet arbre a profondément marqué l’identité du pays. Il a nourri l’homme et ses animaux par ses fruits et ses feuilles. Son bois imputrescible est l’un des matériaux de base de l’habitat et du quotidien : meubles, charpentes, ruches, paniers, futaille et colliers de mouton... Pour conserver les châtaignes toute l’année, elles étaient séchées dans des séchoirs appelé cléda. Après décorticage avec des souliers à semelles de bois munies de pointes de fer, on obtient la châtaigne blanche que l’on utilise pour faire une soupe : Lo Bajanat.

Des reconstitutions d’intérieurs dévoilent l’intimité des maisons. Surprenant de voir l’ancienne pharmacie de St Jean du Gard mais bien plus de reconnaître dans l’un des documentaires audiovisuel, Luc et Anaïs qui vivent et travaillent à St Jean du Gard et qui perpétuent le savoir faire de cette région : Luc de Bannière et ses délicieux fromages de brebis, Anaïs de Rouville qui fabrique de la vaisselle en grès et porcelaine ...

L’univers de la soie est installé sur tout un étage dans l’ancienne filature : de la sériciculture, en passant par la production domestique jusqu’à l'industrialisation de la soie. Les grandes baies vitrées sont recouvertes de draperies sur lesquelles sont reproduites les activités liées à la soie : l’éducation du vers à soie, le décoconnage, la dévideuse de cocon.... L’immense salle abrite une riche collection de machine (fileuse, batteuse...).

La soie produite dans les Cévennes était tissée ailleurs, à Nîmes et surtout à Lyon. Seule la bonneterie locale utilisait une partie de la production.

A découvrir une très belle collection de bas de soie des Cévennes dont la réputation dépassait les frontières d’Europe.

C’est depuis le jardin et le parking que l’on découvre la construction contemporaine qui abrite le musée. L’ensemble est en pierre sèche, accolée à la filature. Le canal du Péras qui servait à alimenter autrefois la filature a été restauré et traverse la nouvelle construction.
Je profite en fin de visite pour découvrir le salon de thé, témoin d’une vie sociale et l’éolienne dominant la rivière. Le point de vue y est formidable!

Infos pratiques :
MAISON ROUGE, Musée des vallées cévenoles
5 rue de l'industrie – 30270 – SAINT-JEAN-DU-GARD
T. 04 66 85 10 48 – www.maisonrouge-musee.fr
TOUS LES JOURS DE 11H À 18H
Entrée : 8€ / 4€ pour le musée et l'exposition temporaire.